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À propos de Styline Alex

Styline AGBAZAHOU, originaire du Bénin. Je suis sage-femme de profession et spécialiste en Santé Communautaire. Mon combat de tous les jours est d'amener les jeunes autour de moi à opter pour des comportements responsables en leur apportant des informations fiables. Je crois fermement que le numérique est la clé essentielle pour y arriver. C'est fort de cela que depuis quelques mois je tiens ce blog "Dêkpêxo" (Affaires de Jeunes). A travers "Dêkpêxo" j'aborde des thématiques liées à la jeunesse. Merci à tous les lecteurs. Merci de donner vos avis et surtout de partager autour de vous.

MY PINKTRIP18

Hello !!!

Comme vous l’avez surement déjà remarqué, le mois d’octobre est dédié à la lutte contre le Cancer du Sein. Partout dans le monde, des activités sont organisées pendant cette période pour sensibiliser les populations sur ce fléau de plus en plus présent dans notre quotidien. Le ruban rose est le symbole de cette lutte 

Ce qu’il faut savoir :

  • Le cancer du sein, signifie la présence de cellules anormales qui se multiplient de façon incontrôlée dans le sein. Souvent, la progression d’un cancer du sein prend plusieurs mois et même des années.
  • 500.000 décès sont dus au cancer du sein dans le monde selon l’OMS et il représente la 1ère cause de mortalité par cancer chez les femmes.
  • Le dépistage précoce, et une bonne hygiène de vie représentent les clés contre ce mal.

InfoScoop: les hommes peuvent aussi faire un cancer du sein; ils représentent 1 % de l’ensemble des cas.

Dans ce billet, je vous raconte les activités auxquelles j’ai participé dans le cadre de ce #OctobreRose2018 et pour finir, nous allons apprendre la technique de l’auto-palpation des seins.

Voici donc mon PinkTrip18

♥ PinkOctober à Dangbo

Il s’est agi d’une séance que j’ai organisé au Centre Jeunes Amour&Vie de Dangbo, de l’Association Béninoise de Marketing Social et de la Communication pour la Santé où je travaille. Entourée d’une trentaine de jeunes filles et hommes, j’ai parlé du cancer du sein et surtout, je leur ai appris la technique de l’auto-palpation des seins afin qu’ils puissent eux même déceler des anomalies si il y en a.

 

♥ La Course Rose

L’Organisation pour l’Aide, la Santé, l’Information et la Sensibilisation (OASIS) est une organisation à but non lucratif, ayant pour objectif principal de venir en renfort au système de soins préventifs au Bénin et dans la sous-région à travers des campagnes de sensibilisations, des séances d’informations et la promotion de la bonne santé et du bien-être en général. Une de leurs campagnes les plus connues est le BeninPinkProject, organisé au mois d’Octobre. A sa 4ème édition  cette année, l’évènement phare a été la fameuse Course Rose. Entre Zumba, marche, course, pluie de couleurs et bonne humeur, les jeunes de Cotonou et environs sont sortis massivement pour soutenir OASIS-BENIN et le #BENINPINKPROJECT18. J’ai eu la chance de faire partie de la magnifique TeamOASIS cette année et ai même animé le stand de démonstration de l’auto-palpation des seins. Très belle matinée.

 

PS : Les hommes étaient très intéressés par la technique de l’auto-palpation des seins ; Vas savoir pourquoi…:-)  

♥ Le Village « SOS CANCER »

Une campagne d’information et de dépistage de masse organisée par l’association Franco-Béninoise pour la lutte contre le Cancer, et l’Association des Sages-Femmes du Bénin.

Nous étions une vingtaine de sages-femmes et étudiantes sages-femmes à examiner et enseigner la technique d’auto-palpation aux 200 femmes venues ce jour-là. La demande était très forte, ce qui incita l’association à programmer une autre séance dans les jours à venir à l’intérieur du pays.

Ce jour là nous avons découvert plusieurs nodules chez des femmes qui en ignoraient totalement l’existence. Que seraient-elles devenues si elles n’étaient pas venues à cette séance de dépistage? Le mal aurait tranquillement continué sa progression..

 

♥ La grande marche Rose

Prévue pour se tenir le dimanche 28 Octobre 2018, elle est organisée par SOS CANCER. J’y serai certainement. Si vous aimez vos seins ou ceux de votre entourage, rejoignez-moi. Il est aussi prévu un dépistage gratuit du Cancer du sein. Départ: Place de l’Etoile Rouge à 07H. DressCode: Pink.

J’aurais aimé vous apprendre la technique de l’auto palpation des seins moi-même mais je n’avais personne pour me tenir la caméra (Mdr….). Regardez donc…..

PS: Dans la vidéo, on parle d’auto-palpation des seins à partir de 20 ans. Mais moi j’ai déjà rencontré une jeune fille de 15 ans qui avait subi une intervention chirurgicale l’année précédente pour l’extraction d’un nodule. Donc auto-palpation dès que les nénés pointent le bout de leur nez, c’est plus prudent.

Styline Alex AGBAZAHOU

Contraception: info ou intox?

Tata Styline, mon dernier enfant a 15 ans. Depuis sa naissance, je suis sous pilule. Ma voisine m’a dit qu’après plus de 10 ans sous pilule, l’organisme s’habitue et que je serais déjà devenue stérile. J’ai donc arrêté car d’après elle j’étais sûre d’être à l’abri d’une grossesse. Mais là, scandale, j’ai 43 ans, 5 enfants et je suis de nouveau enceinte. Elle m’a induite en erreur. Afiavi, 43ans (Bénin).

Plusieurs rumeurs existent autour de la contraception. Par manque d’informations fiables, comme Dame Afiavi, plusieurs femmes se retrouvent dans des situations peu souhaitables.

Retrouvez ici 11 rumeurs qui circulent autour de la contraception et ce qu’il en est réellement.

1-Les méthodes contraceptives de longue durée, rendent stérile

Adigban (Langue fongbé), dègbé (langue Wémè), faux ! Beaucoup de femmes tombent enceinte très tôt après avoir utilisé des méthodes contraceptives pendant des années. Les contraceptifs mettent seulement les fonctions reproductives au repos, mais dès que l’on arrête, elles reprennent toutes normalement. Le délai de retour à la fertilité peut varier d’une méthode à une autre. Mais aucune d’elles n’est irréversible en dehors de la contraception définitive. La preuve, les oublis de pilule peuvent entrainer des grossesses imprévues.

2- La pilule fait prendre du poids

Il est vrai que dans certains cas, surtout chez les femmes qui ont du mal à maîtriser leur poids, la pilule peut favoriser l’appétit, mais elle ne provoque pas directement une prise de poids. Pour éviter ces petits désagréments, il suffit de surveiller un peu son alimentation et de faire des activités physiques régulièrement.

3- Le stérilet, c’est pour les femmes qui ne veulent plus d’enfants

Les femmes qui projettent d’arrêter de procréer ne choisissent pas systématiquement le stérilet. Par conséquent, la pose du stérilet n’est pas du tout réservé aux femmes qui ne souhaitent plus avoir d’enfants, il peut être proposé à toutes les femmes en âge de procréer. Le seul risque est que chez une femme qui n’a jamais eu d’enfant, la pose peut être un peu plus douloureuse.

4- L’implant, c’est douloureux

Pas du tout. La pose de l’implant contraceptif se fait sous anesthésie locale, et ne dure que quelques minutes.  L’implant est ensuite efficace pendant cinq années, et diffuse des hormones qui vont ‘’endormir’’ les ovaires. Des contrôles périodiques se font pour prévenir  et prendre en charge les éventuels effets secondaires qui peuvent être des perturbations du cycle, une hypertension artérielle…

5- La pilule du lendemain peut être un mode de contraception régulier

La pilule du lendemain, ou contraceptif d’urgence, est un moyen contraceptif à utiliser dans les 3 jours suivants un rapport sexuel supposé fécondant. Elle ne doit en aucun cas être considérée comme une solution régulière aux oublis ou aux comportements à risque. Elle est non seulement moins efficace que la pilule habituelle, mais elle peut également provoquer des effets indésirables tels que les maux de tête et ou des perturbations brusques du cycle.

6- On ne peut pas tomber enceinte pendant les règles

On pense souvent qu’il est impossible de tomber enceinte pendant les règles, mais c’est archi faux. Bien que cela soit assez rare, c’est tout à fait possible. Il faut se rappeler que les spermatozoïdes restent actifs pendant trois jours, et bien que l’ovulation ait lieu après les règles, elle peut se produire en avance et les règles peuvent durer plus de cinq jours. Cela est aussi possible lorsque l’on est dans le cas de figure d’un cycle menstruel trop court. Tous ces facteurs réunis font qu’un rapport sexuel sans contraception pendant les règles peut être fécond, donc ne tirons pas le diable par la queue.

7- Les méthodes contraceptives de longue durée provoquent des infections

Les contraceptifs de longues durées ne sont pas responsables directement des infections. Ils peuvent en favoriser la survenue. Généralement une fois la méthode adoptée, certaines femmes se livrent à des comportements à risques car elles se sentent à l’abri des grossesses, tout en omettant le risque d’IST. C’est donc dans ce contexte qu’une infection sexuellement transmissible peut survenir. Il est alors indispensable d’associer le préservatif à la méthode déjà en place, en cas de changement de partenaire.

8- A défaut de préservatif, le coït interrompu permet d’éviter les grossesses non désirées

De quoi s’agit-il ? Pendant le rapport sexuel, l’homme retire son pénis du vagin juste avant l’éjaculation. Ainsi, la fécondation ne peut pas avoir lieu et la femme ne peut pas être enceinte. Cependant, le risque de grossesse existe. Il arrive que l’homme ne contrôle pas son éjaculation et que les spermatozoïdes soient expulsés à l’intérieur du vagin ou encore que des spermatozoïdes se trouvant sur la vulve parviennent à s’introduire dans le vagin. Il se peut aussi que du sperme d’une précédente éjaculation soit présent dans l’urètre et soit ainsi poussé par le liquide pré éjaculatoire

9- Il faut arrêter la pilule de temps en temps pour reposer son corps

Le corps n’a pas besoin de « repos » dans la prise de la pilule. Au contraire, la pilule peut représenter de nombreux avantages, outre la contraception. La prise de la pilule peut être bénéfique pour les femmes souffrant d’acné, de règles douloureuses et abondantes, elle permet également d’avoir des cycles réguliers. Il est donc inutile d’arrêter la pilule pendant plusieurs mois sous prétexte que l’on veut donner du repos à son corps.

10- Pour être mieux protégé, il faut mettre deux préservatifs

Augmenter le nombre de couches de protection n’est pas toujours une bonne idée. Surtout quand il s’agit du préservatif. Loin d’améliorer l’efficacité, ce geste augmente le risque d’accidents. Les deux préservatifs vont se chauffer et se dessécher très vite pendant le rapport. Il y aura donc un risque de rupture. C’est pareil pour l’utilisation conjointe du préservatif masculin et de sa copine, le préservatif féminin. Les deux vont se frotter et risquent de rompre.

11- L’usage du préservatif diminue le plaisir

Beaucoup d’hommes et de femmes se rejoignent sur ce point : c’est plus agréable de faire l’amour sans préservatif. Les sensations ne sont pas les mêmes avec ou sans. Mais attention, c’est psychologique. Néanmoins, pour ceux que cela dérange énormément, plusieurs alternatives sont disponibles pour rendre l’utilisation du préservatif plus agréable. Des lubrifiants, des préservatifs ultra fins qui transmettent mieux la chaleur du corps (vous en oubliez presque qu’ils sont là), des aromatisés (menthe, fraise, banane, chocolat, etc…), des nervurés, certains ont des picots, d’autres retardent l’éjaculation, pour des sensations nouvelles…

Le préservatif permet aussi de ne pas se sentir stressé. L’angoisse de tomber enceinte ou de contracter une IST n’occupe pas votre esprit. Vous pouvez vous consacrer entièrement au plaisir et laisser libre-court à votre imagination.

Alors, pas d’excuse qui tienne: sortons couverts !

Face à l’urgence de réduire le taux de mortalité maternelle et infantile, les différentes organisations œuvrant dans le domaine de planification familiale, devraient en plus de toutes les actions louables déjà mises sur pied, prioriser des campagnes de communication et de sensibilisation. Basées sur des données scientifiques, ces campagnes seront axées sur les rumeurs et effets secondaires de la contraception. Cela permettra d’enlever le voile de ce sujet et réduire considérablement le taux de besoins non satisfaits en Planification Familiale, chez les femmes en âge de procréer.

 

Styline Alex AGBAZAHOU

Bonjour Hépatite

Aujourd’hui cela fait exactement un an que Dêkpêxo a publié son tout premier article. Chose curieuse, ça coïncide avec un sujet qui me tient particulièrement à cœur: Les hépatites. J’ai d’ailleurs récemment soutenu mon Master de Santé Communautaire sur ce thème quasi-méconnu des jeunes.

Alors Joyeux premier anniversaire à Dêkpêxo 🙂 et Bonjour Hépatite. 

Le 28 Juillet de chaque année c’est la Journée Mondiale contre l’ Hépatite. L’OMS a choisi pour thème cette année : «Agir contre l’hépatite: dépister, traiter».

Dans ce billet de blog, nous allons mieux comprendre ce qu’est une hépatite. Désolé si Il est un peu long. Avec un peu de courage, vous en viendrez à bout 🙂

Le foie est un organe qui filtre toutes les impuretés des éléments qui entrent dans notre  corps et qui vont être absorbés (aliments, eau, alcool, médicaments …), afin qu’elles soient éliminées dans les selles ou dans l’urine. C’est un organe vital, on ne peut donc pas s’en passer. Lorsque notre cher foie subi une inflammation, on parle d’hépatite.

Les hépatites peuvent être causées par des virus (A, B, C, D, E etc…), mais aussi par des médicaments et l’alcool.

Les hépatites virales B et C plus fréquentes sont de graves problèmes de santé qui touchent environ 325 millions de personnes dans le monde.  Elles comptent parmi les premières causes du cancer du foie.

Comment contracte t-on donc une hépatite?

  • Le virus de l’hépatite A est le VHA. Il s’attrape par l’eau, des jus ou des aliments pas assez cuits (légumes, fruits non pelés, fruits de mer, glaçons) dans des conditions d’hygiène insuffisantes.
  • L’hépatite B est causée par le virus VHB, c’est une infection sexuellement transmissible. Elle peut aussi être transmise par voie sanguine (transfusion sanguine de sang contaminé ou lors d’usage de seringues contaminées chez les toxicomanes notamment), et salivaire.
  • L’hépatite C est causée par le virus VHC, transmis par voie sanguine (transfusions, hémophiles, toxicomanes, hémodialysés, transmission sexuelle ou par voie placentaire possible, mais rare).

Il est important de noter que les personnes qui s’injectent des drogues sont les plus touchées par les hépatites B et C, mais l’infection est aussi répandue parmi les travailleurs du sexe et les homosexuels. Les rapports sexuels à risques, le tatouage, le piercing, l’injection de drogues et les transfusions de sang comportent aussi d’énormes risques de contracter ces hépatites.

Alors qu’en est-il des autres formes d’hépatites?

Les hépatites alcooliques quant à elles sont induites par l’abus d’alcool. Celles médicamenteuses surviennent suite à des ingestions abusives de médicaments (Ex: paracétamol), et celles bactériennes peuvent être contractées suite à certaines maladies (Tuberculose, brucellose…).

Comment se manifestent Mesdames les hépatites ? 

Une hépatite est souvent aiguë, c’est-à-dire récente, mais elle peut parfois évoluer en hépatite chronique, si elle dure plus de 6 mois.

Les symptômes d’une hépatite varient en général selon la cause, mais certains signes sont communs à toutes les hépatites à savoir un ictère (jaunisse), des urines foncées, des selles claires, des troubles de la digestion, des nausées, des douleurs lorsqu’on palpe le foie etc….

Comment savoir si l’on a une hépatite?

C’est tout simple. Le diagnostic réside dans le dépistage. Il se fait suite à un prélèvement sanguin, identifiant une augmentation massive des enzymes du foie due à une destruction du tissu hépatique.

Alors, guérit-on de l’hépatite?

Les hépatites virales, guérissent en général de manière spontanée en 1 ou 2 mois,sans séquelle. Dans ce cas, le traitement consiste essentiellement au repos et à une interdiction totale d’alcool.

Il existe d’autres stratégies pour guérir d’une hépatite lorsqu’elle n’est pas spontanément éliminée. C’est alors au médecin de décider de la stratégie à adopter pour lutter contre cette infection. Mais attention!!! Une hépatite mal soignée, peut évoluer vers la chronicité, une cirrhose, voire un cancer du foie.

Dans un stade avancé, si le foie a une cirrhose ou un cancer, il se peut que l’unique traitement soit une transplantation de foie.

Maintenant, comment faire pour éviter tout ça?

Il existe des vaccins uniquement pour les hépatites A et B.

Néanmoins, certains petits gestes de la vie quotidienne peuvent permettre de limiter le risque d’attraper les hépatites:

  • Bien se laver les mains le plus souvent possible, en particulier après avoir eu des contacts avec des animaux et après être allé aux toilettes.
  • Se protéger systématiquement avec un préservatif lors des rapports sexuels
  • Ne pas partager des objets tranchants avec une autre personne
  • Pour ceux déjà porteur d’hépatite, il est recommandé de se reposer, de manger le plus possible des légumes et des fruits (lavés à l’eau bouillie). Les aliments gras, les fruits de mer crus, l’alcool, le tabac sont formellement déconseillés.

La plupart des personnes atteintes d’une infection chronique par l’hépatite B ou C ignorent qu’elles sont porteuses du virus. Elles s’exposent donc à un risque élevé de développer une maladie chronique sévère du foie et peuvent sans le savoir transmettre le virus à quelqu’un d’autre.

Le respect des mesures de prévention et le dépistage précoce sont donc les clés pour vaincre ces affections.

Pour finir, je vous laisse voir cette petite vidéo assez fun, qui nous montre Monsieur le virus de l’hépatite B en chair et en os 🙂 .

Miss Dêkpêxo  

Je suis AA et toi ?

«Quand j’ai une grosse crise, j’ai l’impression que mes os se brisent ou qu’un individu de 200 kg monte sur moi. Plusieurs fois, j’ai préféré la mort à cette douleur » Jeune femme de 25 ans porteuse de la drépanocytose.

Le 19 juin de chaque année, est célébrée la journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Nous en entendons parler, les avis diffèrent. Qu’en est-il réellement ?

La drépanocytose, est la maladie génétique la plus répandue dans le monde. Egalement appelée anémie falciforme, hémoglobinose S, et autrefois sicklémie, elle  résulte d’une mutation de l’hémoglobine essentielle à la fonction respiratoire. Selon l’OMS, 300 000 enfants naissent dans le monde chaque année avec une hémoglobinopathie grave, dont 200 000 enfants atteints de drépanocytose en Afrique. Expliquer le phénomène de la drépanocytose peut paraitre compliqué avec trop de termes techniques. Pour vous, j’ai cherché la plus simple des manières de l’expliquer et bingoooo, Euréka, j’ai trouvé. Nous irons en mode enfant. La Bande dessinée du Professeur Galacteros, why not? Cliquez ici ⇒ Drépanocytose

Pour la plupart des patients, la prise en charge de la drépanocytose s’articule autour d’une prévention des complications et d’un suivi médical régulier généralement couteux et fastidieux.

Pour guérir de la drépanocytose, une seule solution existe à l’heure actuelle: la greffe de moelle osseuse, zone dans laquelle sont produits les globules rouges. Si la greffe prend, le patient est considéré comme guéri. Cette procédure donne de bons résultats, mais elle est lourde et coûteuse, c’est la raison pour laquelle, nous devons miser sur la prévention.

Cette prévention réside dans le dépistage précoce du gène anormal chez toute personne avant une quelconque union. Il ne servirait à rien de former un couple et d’avoir une progéniture malade.

 

Alors j’exhorte tous les jeunes à faire leur test d’électrophorèse et d’emmener leur partenaire à le faire également au risque de se mordre les doigts au dernier moment.Bon nombre de couples ont dû mettre un terme à leurs relations de peur de transmettre cette affection à leurs futurs enfants. Personnellement pour avoir vu plusieurs amis et parents souffrir sous le coup de cette maladie et perdre la bataille, je pense qu’aucun enfant ne mérite de naître porteur de drépanocytose, sous prétexte que ses parents étaient amoureux.

 

 

A ceux déjà malades, nous devons assistance et amour afin de les aider à mieux vivre avec ce mal. Des dons de sang de manière périodique sont aussi indispensables pour  leur sauver la vie en cas de besoin.

Pour éviter tout ça, la formule de drague devrait être dorénavant :

-Bonjour, je suis Alex AA et toi?

Styline  Alex AGBAZAHOU

Sage-femme,

Jeune Ambassadeur SR-PF/Bénin

Sang tabou

La plupart des femmes et des filles auront chaque mois leurs règles entre la ménarche et la ménopause. Malgré le fait que la menstruation soit un processus biologique naturel, les règles sont stigmatisées, abordées avec hésitation et mal connues, à cause des tabous culturels profondément enracinés.

Par exemple au Bénin, dans certaines régions, les femmes sont interdites de cuisine ou de cultes pendant la période des règles. Il en est de même dans d’autres cultures du monde entre autre en Inde, où la croyance est que « la menstruation est une maladie et non pas un processus biologique normal ».

Ouvrez ce lien, et vous verrez des choses incroyables sur la menstruation https://www.youtube.com/watch?v=M5ueC3CmDoI&t=7s

Le 28 Mai est célébrée, la journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Initiée par l’ONG allemande WASH United en 2014, elle vise à briser les tabous et à sensibiliser sur l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes à travers le monde. Le 28 mai a été choisi pour sa symbolique. En effet le mois de mai est le 5e mois de l’année et la plupart des femmes ont en moyenne 5 jours de règles par mois, intégrés dans un cycle d’environ 28 jours.

Qu’entend t-on par gestion de l’hygiène menstruelle ?

« Les femmes et les adolescentes ont accès à des produits propres pour absorber ou recueillir le sang menstruel et ces dispositifs peuvent être changés en toute intimité aussi souvent que nécessaire pour toute la durée de la menstruation.

Une bonne gestion de l’hygiène menstruelle comprend également l’utilisation de l’eau et du savon pour laver le corps, aussi souvent que nécessaire ; et l’accès à des installations pour utiliser et gérer les dispositifs de flux menstruel. »

Malheureusement dans bon nombre de nos contrées, ces conditions ne sont pas toutes réunies à cause de raisons diverses et cela concoure énormément à la déscolarisation et à la discrimination des filles.

Il est important de savoir qu’une mauvaise hygiène menstruelle peut affecter le taux de fécondité en augmentant les risques d’infections de l’appareil génital. Ces infections peuvent aussi conduire à des handicaps divers et des infections prénatales si elles ne sont pas traitées dès leur apparition.

Je partage ici quelques mesures de précautions à partager avec les filles et femmes autour de nous:

  • Utiliser des serviettes hygiéniques et sous-vêtements en coton propres et secs
  • changer de serviettes toutes les 4h ou moins en fonction du flux sanguin
  • laver régulièrement les tissus sales (pour celles qui en utilisent) à l’eau et au savon après chaque utilisation et surtout ne pas les partager avec autrui. Les sécher au soleil afin de tuer les germes.
  • amener du matériel de protection supplémentaire à l’école ou au travail pour pouvoir s’y changer
  • faire régulièrement la toilette intime tout en évitant les toilettes vaginales
  • éviter l’usage des produits antiseptiques car ils peuvent favoriser la survenue des infections
  • en cas de règles douloureuses, mettre une serviette chaude sur le bas ventre et prendre des antalgiques sur avis médical
  • boire beaucoup d’eau, cela permet de déstresser et pourrait aider en cas de sauts d’humeur (vives les hormones)
  • suivre la fréquence du cycle menstruel (cocher sur un calendrier ou avec des applications mobiles) afin de ne pas être surpris par une apparition brusque à l’école ou dans un environnement pas adéquat.

Cet article est l’occasion de plaider pour l’intégration de la gestion de l’hygiène menstruelle dans les politiques, les programmes et les projets nationaux et locaux. Investir dans la bonne gestion de l’hygiène menstruelle, c’est améliorer les conditions de vie des filles et surtout les maintenir à l’école.

 

Je lance alors un appel aux institutions intervenant dans la santé afin qu’un accent particulier soit mis sur la gestion de l’hygiène menstruelle pour que toutes les jeunes filles puissent avoir :

  • une connaissance du processus de la menstruation et des options disponibles pour la gestion de l’hygiène menstruelle ;
  • des produits d’hygiène menstruelle adéquats, acceptables et de prix abordable ;
  • accès à des installations, infrastructures et matériels d’assainissement adéquats qui leur permettent de changer et de jeter les produits d’hygiène menstruelle en toute sécurité.
  • un environnement favorable à leurs droits sexuels et reproductifs.

 Pendant les règles, les filles peuvent continuer à aller l’école et faire les activités quotidiennes.

Il suffit de savoir comment se protéger et surtout rester en bonne santé.

Chaque jour peut être un beau jour.

Styline Alex AGBAZAHOU

Sage-femme

Jeune Ambassadeur SR-PF Bénin

 

Be my Valentine

La Saint Valentin! Cette fête où jeunes filles et jeunes garçons s’activent pour s’offrir mutuellement fleurs, chocolats, ours en peluches et autres cadeaux qui garnissent l’étalage de plusieurs magasins depuis quelques semaines.

Beaucoup de personnes célèbrent aujourd’hui la Saint Valentin sans toutefois avoir une idée de son origine, et du but dans lequel elle a été initiée.

La vraie histoire de la St Valentin

Il y avait à Rome en l’an 268 un moine nommé Valentin qui encourageait les jeunes fiancés à recevoir de lui, en secret, la bénédiction du mariage. À cette époque, il s’attira la colère de l’Empereur Claude II Le Cruel. Ce dernier venait d’abolir le mariage, puisque les hommes mariés faisaient de piètres soldats en refusant d’abandonner leur famille. Valentin fut donc arrêté et emprisonné. Dans l’attente de son exécution en prison, il se prend d’amitié pour la fille aveugle de son geôlier. Mettant sa main sur les yeux de la jeune fille, il pria : « Seigneur, qui êtes la Vraie Lumière, éclairez votre servante ». Aussitôt, la jeune fille recouvrit la vue.

Après ses peines et juste avant d’être décapité, Valentin lui offre des feuilles en forme de cœur avec le message suivant : « De ton Valentin ! ».  Ainsi, mort le 14 février 270, il fut martyrisé par les Romains. A l’origine, le jour de la St Valentin n’aurait pas été associé avec l’amour romantique avant le haut Moyen âge. L’histoire de Valentin explique pourquoi fiancés et célibataires se sont placés sous son patronage. Valentin est le Saint Patron des amoureux, et le jour supposé de son martyr, le 14 février correspondait déjà dans la Rome Antique, aux festivités païennes de l’amour, marquant l’arrivée du printemps. Vers l’an 500, les chrétiens les remplacèrent par une fête liturgique, en l’honneur de Saint Valentin.

La Saint Valentin, aujourd’hui

Diverses opinions sont faites aujourd’hui sur la célébration de la Saint Valentin. Pour certains, à l’occasion de cette fête :

« Le mari et la femme peuvent célébrer cette journée, les parents peuvent offrir des cadeaux à leurs enfants, etc… »

Mais pour d’autres :

« C’est la fête du sexe. »

Le 14 février est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Malheureusement de nos jours, elle perd son sens originel. Elle rime avec échanges de cadeaux symboliques, généralement de couleur rouge entre amoureux et la nécessité de passer à l’acte sexuel.

Chez la plupart des jeunes, la St Valentin est l’occasion où l’acte sexuel n’est plus interdit. Pour eux, passer au sexe avec son ou sa partenaire, c’est consolider davantage l’amour qu’il y a entre eux. C’est le jour par excellence où les rendez-vous entre amoureux à des endroits divers se multiplient. Résultat, nous nous retrouvons soit avec des maladies sexuellement transmissibles ou en novembre avec des bébés sous le bras. Alors Be careful, l’amour ça se protège.

Il n’est pas rare de constater que cette fête soit la cause de disputes conduisant à une rupture à cause d’un partenaire dans l’incapacité de satisfaire les goûts de luxe de l’autre, exigeant des présents coûteux.
N’incitons pas nos partenaires à commettre des délits juste pour nous satisfaire. Des cadeaux symboliques font largement l’affaire.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que la St Valentin est l’occasion de renouveler son amour aux êtres aimés de notre entourage de façon symbolique. Célébrons là sans excès, sans risques. Passons un 14 Février sans regrets.

Je nous propose dans cette petite vidéo un « Do it yourself » pour faire plaisir à nos  proches.

Bonne fête à tous <3. 

Styline Alex AGBAZAHOU

 

Un clic de trop !

Aujourd’hui, nous sortirons un peu du contexte habituel. Néanmoins, il s’agit d’un « Dêkpêxo ».

Woiyooo je veux mourir!! Woiyooo je veux mourir!! C’est la phrase fétiche d’une vidéo qui fait polémique depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. On y voit deux jeunes filles habillées aux couleurs d’une université prestigieuse de la place  tenant des propos que d’aucuns pourraient qualifier d’obscènes. La vidéo en question serait tout simplement partie d’une blague reprise par les deux étudiantes. Elle a considérablement entaché leur réputation et leur aurait même couté une exclusion provisoire de la part de l’administration de leur université qui n’a pas toléré cet acte. D’après leurs dires, la vidéo aurait été publiée par une tierce personne, par quelle alchimie, nous ne saurions malheureusement vous le dire. Ce qui est certain, le mal étant déjà fait, elles en récoltent les conséquences, quand on considère le « buzz » considérable suscité sur la toile.

Contrairement à bon nombre de réactions qui ne se sont guère fait attendre, je ne prendrai position ni pour les malheureuses étudiantes, ni pour le système éducatif  béninois. Je parlerai de « Monsieur Internet ».

De nos jours, Internet prend une part très importante dans notre quotidien. Les jeunes que nous sommes, pouvons communiquer avec nos amis, renforcer nos relations avec les autres, nous divertir seul ou à plusieurs, planifier des sorties, publier des photos, échanger des informations. Au-delà des pages internet dites « classiques », les réseaux sociaux ont acquis eux aussi une immense popularité. Facebook, Twitter, Snapchat, LinkedIn, Google+ ou encore Instagram, pour ne citer que ceux-là, recrutent effectivement de jour en jour de nouveaux adeptes.

En effet, à travers les médias sociaux, en publiant du contenu, nous sommes en attente d’une réaction de nos pairs, à la recherche d’une certaine forme de reconnaissance et de valorisation. De cette manière, nous pouvons concrètement jauger notre popularité dans les groupes et faire du buzz. Buzz qui peut être positif et accroître nos followers ou négatif et nous conduire dans ses décombres ténébreux comme dans le cas de ces deux jeunes étudiantes.

Certes les réseaux sociaux sont funs, mais ce qui paraît sympa peut très vite devenir dangereux et incontrôlable pour finalement se retourner contre nous.

Derrière chaque réseau social, il y a une organisation, donc des personnes qui voient toutes nos données, ce qui signifie que rien n’est privé mais tout est public et en réalité, on ne peut rien contrôler. Si nous partageons une photo sur Facebook (ou un autre réseau social) avec un groupe d’amis, ces personnes pourront la partager ou même faire une capture d’écran et la mettre sur un autre réseau social. C’est le cas aussi pour un commentaire ou une vidéo. Les exemples fâcheux sont multiples, et en voici quelques exemples :
« Une jeune fille de 15 ans se suicide car des photos intimes d’elle ont été publiées sur Facebook. »
« Un homme a été obligé d’arrêter sa campagne politique à cause d’anciennes photos compromettantes sur Facebook, datant de l’école secondaire. Son concurrent les a trouvées et les a diffusées auprès des médias. »
« Un ex petit ami frustré a partagé d’anciennes photos de ses ébats sexuels avec sa copine d’alors pour discréditer cette dernière. »
Les exemples n’en finissent pas. De telles situations peuvent être tout de même évitées.

Un jeune qui aspire à être un adulte respectable et respecté doit passer une jeunesse responsable et utiliser les réseaux sociaux à bon escient. Quand nous voulons nous amuser, faisons-le dans la stricte intimité pour limiter les risques inutiles. Je finirai sous ces mots de l’ancien président des États-Unis Barack OBAMA. « Si nous avions des photos de tout ce que j’ai fait quand j’étais au lycée, je ne serais probablement pas devenu président des États-Unis. » Donc je vous conseillerais à tous d’être un peu plus vigilants sur les photos et vidéos que vous publiez .

Pour l’instant, retenons une chose: un clic de trop peut détruire une vie à tout jamais. Alors « Réfléchissons avant de publier »

Vous voulez savoir quoi faire pour éviter des situations fâcheuses sur internet? Alors rendez-vous dans mon prochain article pour avoir 12 Conseils précieux. Incitez moi à vite l’écrire en mettant en commentaire ce que vous pensez être un très bon conseil et surtout aimez et partagez ma page Facebook https://facebook.com/Dekpexo/  😉

Styline Alex AGBAZAHOU
Sage-femme,
Jeune Ambassadeur pour la Santé de Reproduction
et le Planification Familiale au Bénin

Maman, papa, dites-moi tout!

Mon premier jour de travail de 2018, alors que je faisais le grand ménage dans mon bureau, une collègue de travail entre en trombe en éclatant de rire.

– Styline je suis foutue !!!

Je suivais le feuilleton « Santa Diabla » hier avec Ifè mon fils de 3 ans et demi. Soudain un couple s’est mis à s’embrasser. Je me disais qu’il est trop jeune pour y comprendre quelque chose.

Il s’est écrié

– Mamannn !!!! Pourquoi ce tonton a mangé la bouche de la tata ?

– Je ne savais vraiment pas quoi lui répondre. J’ai éteint le poste téléviseur, tout en sachant que ce n’était pas la solution.

– Dis-moi l’éducation à la santé sexuelle dont on parle a-t-elle prévu un volet pour les tous petits ???

En effet, les mères ont du mal à parler de la sexualité avec leurs enfants sous prétexte qu’elles ont honte d’aborder le sujet… Les pères quant à eux, sont quasi-absents dans la communication avec leurs enfants ou fuient subtilement les conversations tendant vers la sexualité…

Le milieu familial est pourtant le point de départ de l’éducation sexuelle. En  l’absence de cet accompagnement familial, les enfants sont aidés par les enseignants, les patrons d’atelier, les amis de même âge ou les plus âgés qui ne sont pas toujours des modèles à suivre.

L’objectif premier d’une éducation sexuelle est de donner aux enfants et aux jeunes des connaissances, compétences et valeurs leur permettant de faire des choix responsables quant à leurs vies sexuelles et sociales à venir.

Le contact des enfants avec l’information sur la sexualité commence bien plus tôt que les parents ne l’imaginent. En restant silencieux, ils perdent le contrôle sur le niveau de connaissances de leurs enfants. Et en prennent conscience, lorsque le mal est déjà fait avec toutes les conséquences désastreuses.

La meilleure stratégie consiste à entamer le dialogue sur la sexualité assez tôt et à le maintenir au fur et à mesure que l’enfant prend de l’âge. Cela évitera aux parents de se retrouver dans des situations embarrassantes, alors que l’enfant est déjà adolescent, et qu’il a certainement déjà obtenu des informations bonnes et mauvaises de ses pairs.

Ces conversations seront plus ouvertes si elles sont inspirées de faits vécus, d’exemple dans l’entourage, avec quelques touches d’humour. Il est important d’apporter des réponses en tenant compte de l’âge de l’enfant.

Un exemple tout simple

– Enfant : Papa, pourquoi j’ai un bâton alors que ma sœur n’en a pas ?

– Papa : Tu as posé une très bonne question mon chéri. Ce sont les garçons qui ont un bâton et les filles un trait. Quand tu vas grandir, tu seras comme moi et quand ta sœur va grandir, elle sera comme ta maman.

Je partage avec vous ici quelques orientations afin de susciter le débat.

Enfants de 3-7 ans

  • Aborder la différence entre la petite fille et le petit garçon en ce qui concerne l’anatomie.
  • Parler du respect de leur corps à travers l’hygiène corporelle.

Enfants de 7-10 ans

  • Aborder les changements qui vont survenir au niveau de leur corps dans les années à venir.
  • Mettre l’accent sur les principales manifestations marquant la puberté.
  • Rassurer les enfants et leur demander d’informer immédiatement leurs parents dès l’apparition d’une de ces manifestations.

Adolescents de 10-15 ans

  • Aborder toujours l’apparition des manifestations marquant la puberté.
  • Rassurer dès l’apparition de ces signes.
  • Comment entretenir son corps surtout les filles lors de règles.
  • Aborder avec l’ado, les difficultés probables qu’il rencontre dans la gestion de la période de puberté.
  • Aborder les problèmes auxquels sont confrontés les ados et jeunes en matière de santé de reproduction, les causes et conséquences et les moyens de les éviter:
    • Rapports sexuels précoces
    • Grossesses précoces
    • Avortements provoqués clandestins
    • IST/VIH
    • Alcool, drogue, …
  • Orienter la discussion, amener l’enfant à découvrir les risques auxquels il s’expose et à proposer des solutions adaptées.
  • Exprimer votre disponibilité à écouter à tout moment l’ado quand il a des inquiétudes.
  • L’inviter à partager avec vous les échanges qu’il a avec ses amis et insister sur le poids de ces discussions sur son avenir.
  • Partager avec l’ado les valeurs socioculturelles de votre famille ou de votre milieu.

Jeunes de 15-19 ans

  • Pareil que chez l’ado de 10-15 ans.
  • Insister sur les problèmes.
  • Echanger avec le jeune sur les difficultés particulières qu’il rencontre (pression des pairs/amis).
  • Encourager les jeunes à adopter les comportements sains.

Jeunes de 19-24 ans

  • Insister sur les problèmes.
  • Echanger sur les difficultés particulières.
  • Encourager à adopter des comportements sains.
  • Insister sur le poids de la pression des pairs.
  • Valoriser le jeune et lui demander de vous aider à dialoguer avec ses jeunes frères et sœurs.

Je n’ai pas la prétention d’avoir tout dit, mais croyez-moi il faut s’y lancer. Il y va de l’intérêt de tous.

Alors chers parents éteignez les télévisions et ordinateurs et parlez avec vos enfants.

Cette publicité illustre si bien cette phrase.

Styline Alex AGBAZAHOU
Sage-femme, Consultante en SSRAJ
Vice-Présidente des Jeunes Ambassadeurs SR/PF du Bénin

La fièvre de Décembre

Bye bye cours et devoirs, bonjour les congés et…la fiestaaaaa! Décembre le mois le plus beau de l’année (en tout cas pour moi 😅) et son cortège de fêtes de fin d’année. Décembre, mois propice à la prise de risques.

Généralement, la veille des fêtes de fin d’année est une période au cours de laquelle le taux d’accidents croît considérablement. Selon le rapport des accidents publié par le Centre National de Sécurité Routière, le Bénin a enregistré 700 morts, entre 2015 et 2016 avec un pic au mois de Décembre. La tranche d’âge comprise entre 15 et 25 ans paye le lourd fardeau en matière d’accidents dans nos villes. Elle représente plus de 50% de morts par accidents de la voie publique.

Les jeunes commencent à boire de l’alcool très tôt : pour la moyenne, cela commence à 16 ans. 20% des jeunes que j’ai eu à interroger disent avoir gouté à l’alcool avant leurs 14 ans. Rien de bien grave, surtout s’il s’agit juste de tremper ses lèvres dans le verre de « Béninoise » de son frère pendant une fête familiale, mais c’est un peu plus embêtant s’il s’agit déjà de soirées entre adolescents où les limites sont bien trop vite repoussées…

C’est lors des soirées entre amis comme au Nouvel An que nous avons le plus de « délires » : nous buvons beaucoup, nous trinquons à la nouvelle année par effet de mode. Le tabac et la Chicha, alliés inévitables de l’alcool sont aussi au rendez-vous. Comme l’adolescent ignore qui il est, étant en quête du sensationnel, il peut adopter des conduites extrêmes. La prise de risques semble donc un élément naturel dans le développement de chaque individu. Toutefois, sans cadre et limites, ces conduites peuvent nuire à la santé et au bien-être du jeune.

Parmi les substances dites « psycho-actives », le tabac et l’alcool sont les premières à être testés. Les drogues viennent en troisième position. Nous connaissons les dégâts du tabagisme et de l’alcoolisme sur la santé. Les campagnes de prévention, comme #StopStupéfiants du programme Amour&Vie datant d’il y a quelques semaines, les illustrations et mentions sur les paquets du type « Fumer tue » ou « Le tabac nuit gravement à la santé » ne freinent pourtant pas les jeunes.

La consommation d’alcool est aussi dangereuse à court qu’à long terme. L’effet désinhibiteur de la boisson les place dans une grande vulnérabilité tout en leur conférant un sentiment d’invincibilité. De la même manière, l’usage de drogues altère les capacités de raisonnement. Cela les pousse alors à prendre des risques encore plus importants par manque de lucidité. L’alcool et la drogue sont à l’origine de nombreux accidents de la route, comas éthyliques ou overdoses, bagarres, tentatives de suicide et même décès.

Sur le plan de la sexualité, les adolescents peuvent se mettre particulièrement en danger. Le cocktail « Adolescence, alcool, tabac et drogue » les pousse à agir de manière inconsidérée. La spontanéité et l’instabilité des rapports sexuels peuvent les amener dans des situations très délicates. On l’imagine bien : les grossesses non-désirées avec leur cortège de problèmes. Le multi partenariat et les pratiques sexuelles hors du commun augmentent les risques d’infections sexuellement transmissibles et du VIH. J’en profite pour encourager la campagne de prévention contre les grossesses non désirées en période de fêtes : « C’est doux, mais ça pèse lourd » en cours actuellement.

Certains comportements sur la route sont souvent du fait des jeunes : une vitesse excessive, une conduite imprudente, des courses, rouler sans ceinture ou casque… Nous représentons à la fois un danger pour nous-mêmes et pour les autres usagers. Alors je nous en prie, « Prudence pour nous et pour notre entourage« .

Le meilleur cadeau que nous puissions offrir à nos familles en cette période de fêtes de fin d’année, c’est de rester en vie.

Bonnes fêtes de fin d’année à nous tous.

Styline Alex AGBAZAHOU

Les tabous qui nous brisent

C’était un samedi matin comme tous les autres. Je commençais à peine ma journée de travail, quand j’entendis toquer à mon bureau. C’était Franck.

Franck est un jeune homme de 19 ans nouveau bachelier, ayant tout l’avenir devant lui, très fréquent au cyber du centre de loisirs. Il était accompagné d’une jeune fille Sarah sa petite amie.

Ce jour là, ils avaient l’air désemparé, perturbé, déstabilisé.

 «Tata j’ai fait une connerie. Sarah est enceinte» m’a t-il dit.

De toute ma petite expérience de consultante en Santé Sexuelle de la Reproduction des Adolescents et des Jeunes, c’est la phrase que je crains le plus.

En une minute j’ai vu leur monde s’effondrer. Elle venait aussi d’avoir son baccalauréat et son rêve de se voir sage-femme dans les trois prochaines années commençait à se briser.

« Pourquoi vous ne vous êtes pas protégés? » voulais-je savoir.  

« Tata c’est arrivé comme ça. Je pensais que la période de fécondité, c’était la période des règles. Je ne connais rien de tout ça » répondit Sarah.

Des jeunes venant d’obtenir leur baccalauréat étaient censés avoir abordé le chapitre de la santé de la reproduction au cours de leur cursus scolaire. La sexualité étant tabou, ce chapitre est enseigné à la va-vite et avec réserve. Comme Sarah et Franck, plusieurs jeunes n’y comprennent absolument rien et se retrouvent  piégés dans les flots du monde méconnu qu’est la sexualité.

Au titre de l’année scolaire 2016-2017, selon une enquête du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, sur un effectif de 301.821 filles inscrites sur toute l’étendue du territoire béninois, 2.763 cas de grossesse ont été enregistrés. Ces résultats dénotent de la précocité des rapports sexuels et du manque d’informations fiables des apprenants sur les thématiques de la santé sexuelle et reproductive.

Il faut reconnaître que les autorités ne sont pas restées insensibles à cette difficulté de santé publique. Le gouvernement du Bénin s’est engagé, en 2013 à Addis-Abeba au cours de la conférence internationale sur planification, à rendre gratuit l’accès aux méthodes modernes de contraception. Malheureusement, jusqu’à lors, le processus n’a pas pu être conduit à terme. Aussi, l’Etat a décidé d’insérer l’éducation à la santé sexuelle (ESS) dans les curricula de formation de l’éducation nationale par ancrage sur les matières existantes. La phase expérimentale, prévue pour démarrer au cours de l’année scolaire 2016-2017, piétine toujours. Nous sommes toujours à la phase des guides et des fiches techniques qui serviront pour la formation des enseignants des établissements scolaires qui serviront pour l’expérimentation. Ce manque de célérité dans la mise en œuvre des stratégies adéquates pour lutter contre les fléaux qui minent l’existence de la couche juvénile, contribue à cette situation pas du tout reluisante des adolescents et des jeunes. L’un des facteurs déterminants de ce fait est aussi le tabou qu’entretiennent les parents envers leurs enfants sur les questions de sexualité.

Face à cet état de choses, la couche juvénile est pratiquement livrée à elle-même. A tout ceci s’ajoutent les effets néfastes des réseaux sociaux et des programmes de télévisions, notamment les télénovelas.

Heureusement qu’il existe des structures de la société civile s’activant pour la promotion de l’éducation sexuelle complète en faveur des adolescents et des jeunes. L’Association Béninoise pour le Marketing Social et la communication pour la santé, par exemple, avec son programme Amour&Vie, animé par des jeunes pour les jeunes, à travers plusieurs canaux de communication à savoir des magazines, des émissions radiophoniques interactives, les centres conviviaux offrant des services ludiques et de santé adaptés aux jeunes et aussi la ligne téléphonique verte permettant aux jeunes d’avoir accès à l’information de qualité où qu’ils soient.

L’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF) à travers ses Centres sociaux éducatifs et son  équipe de jeunes pairs éducateurs : le Mouvement d’Actions des Jeunes (MAJ) qui œuvrent pour le bien être des jeunes dans toutes les contrées du pays.

Les Jeunes Ambassadeurs pour la Santé de reproduction et la Planification Familiale (JA/SR/PF-BENIN), mis sur pied par la coalition des Organisations de la Société Civile pour le Repositionnement de la Planification Familiale au Bénin (OSC/PF-BENIN), dont je suis membre, assurent également la vulgarisation des bonnes pratiques à travers des activités d’impact comportemental et sociétal, sur le terrain et les réseaux sociaux pour mieux toucher la couche juvénile.

Séance de sensibilisation des JA-SR/PF Bénin

En plus des activités de sensibilisation, nous nous activons aussi à faire du plaidoyer et du lobbying auprès des décideurs à divers niveaux pour une meilleure prise en compte des adolescents et des jeunes dans les politiques et programmes de développement et le respect des engagements pris.

Cette bataille ne sera pas gagnée d’avance si chacun de nous ne prend pas ses responsabilités. Parents, leaders d’opinions, décideurs politiques et surtout nous mêmes les jeunes.

Il est temps que:

  • Les jeunes prennent conscience de leurs droits et devoirs en matière de sexualité ;
  • Le dialogue parent-enfant sur la sexualité soit une réalité dans nos contrées ;
  • Les centres de jeunes et loisirs soient redynamisés pour une accessibilité parfaite des jeunes aux services de santé (pour le développement du capital humain) ;
  • Les décideurs respectent les engagements pris en faveur de la couche juvénile (levier pour la capture du dividende démographique) ;
  • Les détendeurs d’enjeux contribuent à la levée des tabous relatifs à l’adoption des méthodes modernes de contraception (surtout pour les adolescents et les jeunes).

Le déblocage de ces goulots d’étranglements permettrait à la jeunesse d’acquérir des informations pour bien gérer sa sexualité et éviter des comportements à risque. Ceux sexuellement actifs pourront aisément adopter une méthode moderne de contraception afin de préserver leur avenir. Ce dernier aspect aiderait le Bénin dans l’atteinte de l’un des objectifs communs aux pays membres du Partenariat de Ouagadougou, à savoir l’augmentation de nouvelles acceptantes à 2.2 millions de femmes (condition sine qua non pour l’atteinte des objectifs mondiaux).

Après cette malheureuse expérience vécue, Franck et Sarah se sont engagés à se battre aux côtés des acteurs pour que les tabous soient brisés.

Styline Alex AGBAZAHOU
Sage-femme
 Jeune Ambassadeur pour la Santé de Reproduction
et la Planification Familiale au Bénin